RETRAITE DU SÉNATEUR JEAN-CLAUDE RIVEST

 

LE SÉNATEUR JEAN-GUY DAGENAIS SOULIGNE LA GRANDE CONTRIBUTION CONSTITUTIONNELLE DU SÉNATEUR RIVEST

2e Session, 41e Législature,
Volume 149, Numéro 113
29 janvier 2015

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Honorables sénatrices et sénateurs, je remarque l’absence de mon collègue, Jean-Claude Rivest, mais, compte tenu de mon absence cette semaine, je désire tout de même lui rendre hommage.

Je prends donc quelques minutes aujourd’hui pour saluer à ma façon l’honorable sénateur Jean-Claude Rivest, qui a choisi de prendre sa retraite après avoir passé 21 ans parmi nous.

Le sénateur Rivest a été mon premier voisin dans cette Chambre lorsque je suis arrivé il y a trois ans.

Dans cette enceinte, et surtout à l’extérieur de ces murs, j’ai eu le plaisir de découvrir un homme doté d’une feuille de route politique enviable et d’une mémoire de l’histoire du Québec et du Canada dont il a su me faire profiter.

Ajoutons à tout cela son humour, occasionnellement cinglant, qui révèle sa façon bien à lui de critiquer le monde politique dans lequel il navigue depuis près d’un demi-siècle.

Même s’il a obtenu un diplôme en droit, c’est à la politique que le sénateur Rivest a consacré sa vie. À sa façon, il a grandement servi d’abord le Québec, et ensuite notre pays.

Les premiers ministres Jean Lesage et Robert Bourassa ont bénéficié, tour à tour, de ses précieux conseils en matière constitutionnelle. À titre de secrétaire particulier de M. Lesage, et ensuite de secrétaire à la législation et aux affaires parlementaires de M. Bourassa, il a joué un rôle en coulisse, mais tout de même de premier plan, dans les prises de position constitutionnelle de la province de Québec durant trois décennies.

En fouillant un peu dans l’histoire des premiers ministres Lesage et Bourassa, on peut facilement conclure que les deux hommes politiques lui doivent assurément leurs meilleurs discours.

D’ailleurs, je crois sincèrement que le sénateur Rivest est un artisan de la prise de position historique de M. Bourassa qui réclamait, après la rencontre constitutionnelle de Victoria de 1971, une plus grande clarté quant à la décentralisation proposée des pouvoirs fédéraux en vue du rapatriement de la Constitution.

Après ce qu’on peut appeler des années passées en coulisse, le sénateur Rivest a décidé de pousser un peu plus loin sa carrière politique en se faisant élire, en 1979, député libéral de la circonscription de Jean-Talon à l’Assemblée nationale du Québec. Il ne s’est pas représenté en 1985, mais il fut loin de se retrouver au chômage avec le retour de Robert Bourassa comme premier ministre du Québec.

Le débat constitutionnel était toujours à la mode. On allait vivre les années de Meech, de la Commission Bélanger-Campeau et de Charlottetown.

En vertu de son rôle de confident et de conseiller spécial de M. Bourassa, la contribution de celui qui nous quitte aujourd’hui a été déterminante dans l’élaboration de l’Accord du lac Meech en 1987, sous l’administration du gouvernement conservateur du très honorable Brian Mulroney. Cet accord, faut-il le rappeler, a été rejeté par deux provinces, le Manitoba et Terre-Neuve, au grand désarroi de notre premier ministre de l’époque.

L’histoire a voulu que le premier ministre Mulroney reconnaisse, par la suite, les grandes compétences constitutionnelles de Jean-Claude Rivest en le nommant sénateur, en mars 1993. Sa participation aux débats de cette Chambre ne pouvait être qu’enrichissante pour ceux et celles qui ont eu la chance de travailler avec lui.

J’ai été à même de constater, lors de nos conversations, que le sénateur Rivest, de par ses fonctions, a été à la table des plus grands de ce monde. Il a participé maintes fois à des rencontres qui font maintenant partie de notre histoire.

Quant à moi, j’ai été heureux, pour ne pas dire privilégié, d’être occasionnellement à sa table pour savourer des pages d’histoire qui, malheureusement, ne font pas partie de celles qu’on enseigne à nos jeunes sur les bancs d’école. Dites-vous, sénateur Rivest, que je retiens beaucoup de choses des quelques années au cours desquelles je vous ai côtoyé.

Sénateur, je vous souhaite une heureuse retraite. Sachez que ce sera toujours pour moi un plaisir de vous revoir.

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