PRISE EN MAIN DE LA SÉCURITÉ DU PARLEMENT CANADIEN PAR LA GRC

LE SÉNATEUR JEAN-GUY DAGENAIS APPROUVE LA PRISE EN MAIN DE LA SÉCURITÉ DU PARLEMENT CANADIEN PAR LA GRC

2e Session, 41e Législature,
Volume 149, Numéro 118
Le mercredi 18 février 2015

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Je vous remercie, monsieur le Président. Honorables sénatrices et sénateurs, je veux appuyer sans réserve la motion qu’a déposée notre leader pour approuver le fait que la Gendarmerie royale du Canada soit responsable de toutes les équipes chargées de la sécurité du Parlement canadien.

Malgré tout ce que j’ai entendu de la part des membres de l’opposition, je souhaite sincèrement que nous votions tous ensemble en cette Chambre.

La sécurité, notre sécurité à tous, n’est pas une question de partisanerie politique, et encore moins une question d’ordre constitutionnel.

La sécurité est devenue un élément incontournable de notre vie de tous les jours.

Le 22 octobre dernier nous l’a rappelé de façon assez significative. Les récents événements nous ont obligés à faire un examen sérieux des règles de sécurité de la cité parlementaire.

Des changements ont été apportés rapidement au cours des semaines qui ont suivi. Certains sont visibles, d’autres moins, comme ce doit l’être quand on parle de sécurité.

Nos gardiens ont reçu une nouvelle formation et sont maintenant, pour la plupart, armés. Les ressources des deux Chambres ont été réunies sous un même commandement pour plus d’efficacité. De plus, le périmètre extérieur de nos édifices est davantage protégé qu’il ne l’était pas les policiers de la Gendarmerie royale du Canada. Tout cela a été réalisé en un temps record, tout en maintenant l’accès des citoyens au Parlement.

Au-delà de ces améliorations, un plan global devait être élaboré par des spécialistes de la sécurité. Certains d’entre nous, qui ont des compétences en matière de sécurité, ont été consultés, et la motion du leader du gouvernement répond à nos attentes.

Le fait de confier la responsabilité opérationnelle de toute la sécurité à la GRC est vite apparu comme un élément incontournable, comme la voie qu’il fallait prendre pour atteindre un maximum d’efficacité.

Il est important de comprendre que la prise en charge de la sécurité de nos édifices par la Gendarmerie royale du Canada n’est pas un abandon des privilèges de notre Président. Appelons-la une délégation de pouvoir, et ainsi notre Chambre demeure souveraine.

Elle n’est pas non plus un désaveu ou une menace pour nos gardiens, qui continueront d’exercer leur devoir dans les édifices gouvernementaux. Leur rôle demeure primordial. Ils seront même plus nombreux à le faire sous la direction de Mike McDonald, qui a été nommé récemment à la tête des forces unifiées des deux Chambres.

Cependant, la nouvelle forme de menaces à laquelle le monde entier est confronté nous oblige à aller plus loin. Les services du renseignement doivent être mis à contribution. Des enquêtes doivent être ouvertes et menées par des spécialistes. Une coordination structurée et efficace de ces éléments doit aussi en découler. Or, seule la GRC a les pouvoirs d’enquête et les ressources nécessaires pour mener à bien ces fonctions essentielles à notre sécurité à tous.

Quand ceux qui nous menacent utilisent des moyens sophistiqués, il est essentiel que nous fassions de même. Il est impensable que nous n’acceptions pas de nous ouvrir à ce que je considère être une modernisation de notre plan de sécurité.

Les Pères de la Confédération, auxquels on fait parfois référence avec brio, j’en conviens, ne pouvaient aucunement imaginer ce que nous vivons près de 150 ans plus tard. La Constitution en main brandie aussi haut que vous le voudrez ne permettrait à aucun d’entre nous de se défendre devant un terroriste qui entrerait ici avec une arme automatique.

Je trouve dommage ce que j’ai entendu récemment de la part de parlementaires qui sont incapables de mesurer l’importance de la décision urgente qu’il faut prendre.

Permettez-moi un court rappel historique. Après la tuerie de l’Assemblée nationale du Québec en 1984, c’est la Sûreté du Québec qui est devenue responsable de la sécurité dans les édifices du gouvernement du Québec. Ce changement s’est fait sans que les fonctions des gardiens soient diminuées. Cependant, il y a maintenant un poste de la Sûreté du Québec à l’Assemblée nationale du Québec, et il y a encore des gardiens de sécurité. Ils travaillent ensemble.

C’est exactement ce que nous souhaitons nous donner ici aujourd’hui : la possibilité de favoriser un travail d’équipe.

Je m’explique donc mal que certains aient des objections à ce que la GRC soit présente et active dans les édifices du Parlement canadien. Évidemment, nous ne sommes plus en 1867. Le risque auquel nous sommes confrontés nous oblige à agir afin que la mise en place de nouvelles mesures de sécurité soit effectuée dans les plus brefs délais.

C’est pour cette raison que j’invite tous les sénateurs, toutes allégeances politiques confondues, à appuyer unanimement la motion qui est devant nous. La sécurité de tous, des parlementaires, des employés et des visiteurs, doit évoluer en fonction des menaces.

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