Le sénateur Jean-Guy Dagenais a rendu hommage à une policière et un policier du Service de police de Montréal (SPVM) dont la carrière a pris il y a 20 ans, lorsqu’ils ont été blessés par un individu qu’ils tentaient d’appréhender.

 

29 mai 2013

Monsieur le Président,

Collègues Sénatrices et Sénateurs,

La semaine dernière, soit le 22 mai, marquait un triste anniversaire pour deux policiers.  Ça fait 20 ans que les agents Lucy Krasowski et Walter Filipas tombaient sous les balles d’un tireur fou en plein centre-ville de Montréal.  Ils n’ont pas été tués,  mais leur carrière a pris fin abruptement ce jour-là de 1993.

J’ai eu la chance de rencontrer l’ex-policier Filipas, il y a deux semaines, au cours d’une brève cérémonie au quartier-général du Service de police de la Ville de Montréal.   Malheureusement, sa collègue de travail de l’époque qui vit maintenant aux Etats-Unis, n’a pu participer à l’hommage qui leur était rendu.

La trace de la balle qui a atteint l’agent Filipas en plein front est toujours apparente.  Mais comme il se plaît à le raconter, il ne se souvient de rien des événements de cette nuit-là, où il répondait à un appel pour une agression contre un chauffeur de taxi au Carré Dorchester à Montréal.  Conduit à l’hôpital, il avait même été déclaré mort par les médecins.

Filipas a heureusement survécu,  mais ses tentatives de retour au travail ont été vaines.  Il a dû se résigner à quitter la police.  This young Italian-Canadian Officer had no choice to retire himself from the force.

Lors de notre récente rencontre qui coïncidait avec la Semaine nationale de la police, j’étais accompagné du sénateur Jacques Demers qui avait de bonnes raisons de se rappeler ce triste événement.

Notre collègue, Jacques, était alors entraîneur-chef du Canadien de Montréal qui allait, cette année-là, gagner ce qui est encore à ce jour, leur dernière Coupe Stanley.  Touché par ce qui s’était passé, Coach Demers avait alors demandé à ses joueurs de jouer en l’honneur des policiers Krasowski et Filipas et de prier pour eux.

L’histoire ne dit pas si ce sont les bonnes pensées des joueurs qui ont aidé les policiers à survivre, ou si ce sont les policiers blessés qui ont motivé les joueurs du Canadien pour gagner la série.

Mais peu importe!

Filipas est aujourd’hui bien vivant.  Ses propos de l’autre jour m’ont fait découvrir un homme qui n’a pas fini de se battre.  Et vous allez comprendre pourquoi.

Environ un mois après les événements de mai 1993, les policiers ont procédé à l’arrestation d’un certain Claude Forget, qui a été jugé et condamné en 1994 à une sentence de 20 ans de prison pour son crime.  L’an prochain, il aura donc purgé la totalité de sa sentence et sera remis en liberté SANS CONDITION.

Rares sont les criminels qui purgent entièrement leur peine.  Ils ont généralement accès à une libération conditionnelle, ce que Forget n’a pas eu droit parce qu’il continu, selon un rapport de la Commission nationale des libérations conditionnelles, à entretenir l’idée de tuer encore,  soit un policier, soit un agent du Service correctionnel.

Depuis 2008, Walter Filipas a multiplié les démarches pour suivre les travaux des commissaires aux libérations conditionnelles afin de s’objecter, autant qu’il pouvait le faire,  à la remise en liberté de celui qui a tenté de le tuer il y a 20 ans, et qui n’a manifesté aucun remord depuis son incarcération.

Vous pouvez tous imaginer l’état d’esprit et de stress que va provoquer chez l’ex-policier, la sortie de prison de Forget en 2014.

As Walter said two weeks ago, it is unbelievable that a beast as Forget could be free in our community for only one day. 

Mais c’est ainsi que notre système est fait.

La tension était palpable chez tous les policiers présents il y a deux semaines, à la cérémonie du quartier-général du SPVM.

Après avoir entendu Walter Filipas relater comment il a pu, comme victime d’un acte criminel, faire valoir ses droits, j’ai été particulièrement touché quand il a conclu en disant:  “Merci Monsieur Harper pour les droits des victimes”.

Merci à tous.  Thank you.

FacebookTwitterEmailPrintPartager vers d'autres services