LE SÉNATEUR DAGENAIS A RENDU HOMMAGE AU PRODUCTEUR DE CINÉMA DENIS HÉROUX

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Honorables sénateurs, je voudrais rendre hommage à un grand cinéaste canadien et québécois qui est décédé le 10 décembre dernier, M. Denis Héroux. Il nous a quittés à l’âge de 75 ans.

Sa vie professionnelle s’étale sur plus de 40 ans, au cours desquels il a laissé une marque indélébile dans l’histoire de notre cinéma, autant en français qu’en anglais.

Dès 1963, il y a maintenant plus de 42 ans, Denis Héroux, alors jeune cinéaste sorti de l’Université de Montréal, était déjà invité au prestigieux Festival de Cannes grâce à son film Seul ou avec d’autres.

Plusieurs associent le nom de Denis Héroux à des films québécois comme Les Plouffe, Le Crime d’Ovide Plouffe et Valérie. Si Valérie est le film qui a fait le plus jaser, on peut affirmer sans se tromper qu’il a connu une grande popularité davantage pour les scènes de nu de la comédienne Danielle Ouimet que pour son contenu artistique. Aujourd’hui, personne ne prêterait attention à ce genre de nudité, devenue si commune, alors qu’elle était révolutionnaire à l’époque au Québec. Nous étions encore dans les années 1960, soit en 1968, et le Québec sortait à peine de « la grande noirceur » et de la période post-Duplessis. Selon Danielle Ouimet, M. Héroux lui aurait mentionné que la réalisation de Valérie était sa façon à lui de se tenir debout devant l’Église catholique.

Passons maintenant aux autres grandes réalisations de Denis Héroux.

Bien avant d’autres Canadiens et Québécois, Denis Héroux s’est fait remarquer aux Oscars grâce à son film Atlantic City, qui était en nomination en 1982 dans cinq catégories. Malheureusement, cette année-là, il était en compétition avec Chariots of Fire et On Golden Pond.

Denis Héroux avait réalisé Atlantic City avec le Canadien John Kemeny comme partenaire. Fait inusité, il avait réussi à inclure dans la distribution du film un certain Moses Znaimer, qui lançait quelques mois plus tard City-TV, à Toronto, et qui est devenu par la suite un magnat des médias du Canada. Znaimer n’était pas comédien, mais il ressemblait à l’un des personnages de l’histoire.

L’année suivante, M. Héroux a produit Quest for Fire, pour lequel il a reçu cinq prix Génie et une mise en nomination aux Golden Globes. La version française de ce film, baptisée La Guerre du feu, a reçu, quant à elle, trois prix César, y compris celui du meilleur film en France. En 1991, un autre film de Denis Héroux, Black Robe, produit en collaboration avec des Australiens, a reçu six prix Génie.

En tant qu’homme de cinéma, Denis Héroux était chez lui autant à Montréal qu’à Hollywood, à Paris et à Londres, où son talent était reconnu.

Le cheminement de M. Héroux dans l’industrie du cinéma ici, au Canada, ainsi qu’aux États-Unis et en France, prouve bien que nous sommes capables de jouer dans la cour des grands. Nous pouvons être fiers de lui.

Les contributions que M. Héroux a apportées au cinéma sont multiples : il a été tantôt producteur, tantôt réalisateur, tantôt distributeur et même financier. Toute sa vie, il a été un bâtisseur, tout en étant un diplomate passionné pour le septième art.

Osons espérer que ceux qui prendront sa relève dans le monde du cinéma, tant à Montréal qu’à Toronto, sauront rapidement reconnaître son apport en posant un geste concret en son honneur.

Le Festival international du film de Toronto et l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision devraient collaborer afin de créer quelque chose qui nous rappellera à tous l’importante contribution de M. Héroux à l’histoire du cinéma.

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