Hommage à René Angélil

 

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Monsieur le Président, honorables sénatrices, honorables sénateurs, la mort de René Angélil, il y a quelques jours, a touché à peu près tous les Canadiens et Canadiennes et une bonne partie de l’univers.

Je crois donc qu’il est de mise aujourd’hui que cette Chambre lui rende hommage à son tour pour ce qu’il a été, pour ce qu’il a réalisé à titre d’artiste, d’imprésario et d’homme d’affaires, et aussi pour ce qu’il nous laisse en héritage.

Le Canada a perdu un grand Canadien, le Québec a perdu un Québécois enraciné, et le monde culturel a perdu un génie qui a ouvert la voie à notre savoir-faire créatif et artistique sur la scène internationale.

Certes, il a découvert une perle en Céline Dion. La chanteuse a atteint les plus hauts sommets, mais tous sont d’accord pour dire que le génie de son gérant et mari est seul responsable de ce grand succès.

Combien d’artistes de renom avons-nous entendus nous dire depuis une semaine qu’ils ne seraient probablement pas là où ils sont aujourd’hui s’ils n’avaient pas croisé René Angélil sur leur chemin?

Comme j’ai moi-même été musicien dans un groupe au cours des années 1960 et 1970, j’ai déjà eu le plaisir de combler les intermèdes de son spectacle, croyez-le ou non. Je puis vous affirmer que René Angélil incarnait déjà, pour nous, ce que veut dire le mot « succès ». Il avait fondé Les Baronets, un groupe de trois chanteurs qui faisait courir les foules avec ses succès sur disque.

C’était il y a déjà plus de 50 ans.

L’une des grandes qualités de René Angélil était de croire que tout était possible, même pour le petit voisin francophone des États-Unis, où l’on retrouve un bassin innombrable de grandes vedettes internationales. Sa détermination doit être un exemple, non pas seulement pour le milieu artistique, mais pour tout le monde des affaires.

Derrière Céline Dion, il a bâti un empire financier enviable. Il l’a fait avec patience et sagesse en utilisant, autant qu’il a pu le faire, le talent de chez nous, non seulement le talent artistique, mais aussi le talent de nos entreprises qui sont devenues, aujourd’hui, des incontournables dans le monde de l’industrie du spectacle de la planète.

Combien de nos artistes ont marché dans les pas de René Angélil pour se produire aujourd’hui à Las Vegas à titre de grandes vedettes? Combien de nos industriels sont aujourd’hui responsables des scènes, des effets sonores et visuels grandioses dans les spectacles des plus grandes vedettes, parce que la démarche de René Angélil a montré à la planète entière la qualité de ce que nous pouvons faire? D’ailleurs, pour ceux et celles qui aiment le football, nous en aurons un bel exemple lors du 50e Super Bowl qui aura lieu à Miami, dans une dizaine de jours.
Sans gêne, nous pouvons affirmer haut et fort que René Angélil n’est pas étranger à tous nos succès. À mon avis, nous pouvons même dire qu’il en est le père. Comme on aime exprimer les choses en politique, il a été le « modèle économique » dont nous devons tous être fiers.

Je retiens aussi une autre chose de tout ce que j’ai vu et entendu au sujet de René Angélil. Malgré ses occupations professionnelles qui l’amenaient à régler lui-même dans les moindres détails les spectacles de Céline, il accordait la plus grande importance à sa famille et à ses amis. Lorsqu’on avait la chance de devenir son ami, c’était pour la vie. On a pu le voir lors de ses funérailles. Sa générosité et sa disponibilité pour chacun ont fait de lui un homme exceptionnel.

Enfin, je crois qu’il est important de préciser que René Angélil était un fils d’immigrants, d’origine libanaise, qu’il était un modèle d’intégration et qu’il n’a jamais caché son amour pour le Québec et les Québécois.

L’hommage que nous lui rendons aujourd’hui est grand, mais il est aussi à la hauteur de ce qu’il représentait.

Des voix : Bravo!

FacebookTwitterEmailPrintPartager vers d'autres services