Hommage à la ville de Donnacona

1re Session, 42e Législature,
Volume 150, Numéro 59
Le mardi 4 octobre 2016
L’honorable George J. Furey, Président

La municipalité de Donnacona

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Honorables sénateurs, je profite aujourd’hui de la présence de Mme Da Sylva et de M. Comeau pour vous parler de la ville de Donnacona, une collectivité de quelque 6 000 habitants située dans le comté de Portneuf, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Québec.

Fondée en 1915, il y a maintenant 101 ans, Donnacona doit son nom à un grand chef iroquois, qui avait permis à Jacques Cartier de planter une croix à Gaspé en 1534.

Pour la petite histoire, deux des fils du grand chef Donnacona ont ensuite navigué pendant huit mois sur le bateau de Jacques Cartier. Au cours de ce voyage, ils ont appris la langue française, ce qui leur a permis plus tard de servir d’interprètes entre les Iroquois et les explorateurs venus de France.

En 1536, Donnacona, ses deux fils et huit autres Iroquois sont partis avec Jacques Cartier pour Saint-Malo, en France, où ils ont été les premiers ambassadeurs de la culture amérindienne, qui marque encore aujourd’hui l’imaginaire des Français lorsqu’ils parlent du Canada et du Québec. Donnacona et ses fils ne sont jamais revenus au Canada et sont morts en France.

Revenons maintenant à la ville de Donnacona. Avant d’être baptisée ainsi, elle représentait une portion de l’agglomération de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste-des-Écureuils.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la ville de Donnacona n’a pas choisi son nom en fonction du chef iroquois. Le nom de la ville est lié plutôt à l’implantation sur son territoire, en 1912, d’une grande papetière de l’histoire du Québec, la Donnacona Paper Ltd, qui s’était installée à l’embouchure de la rivière Jacques-Cartier. D’ailleurs, ce géant de l’industrie des pâtes et papiers fournissait le papier sur lequel était imprimé le prestigieux New York Times. L’essor économique qu’a entraîné cette entreprise qui employait plus de 1 500 travailleurs a fait en sorte que, en 1915, une portion du territoire de la paroisse s’est détachée pour former une ville qui a choisi de porter le nom de la papetière, c’est-à-dire Donnacona.

Les communautés religieuses se sont ensuite installées dans cette ville. Le développement a été tel qu’en 1967, l’année du centenaire du Canada, la paroisse des Écureuils, dont était issue la municipalité de Donnacona, a été dissoute pour fusionner avec Donnacona.

L’année 1967 a marqué une étape importante pour Donnacona. C’est au cours de cette année-là que le président de la République française, le général Charles de Gaulle, s’est arrêté à Donnacona pour y prononcer un discours, un certain 24 juillet, quelques heures à peine avant de laisser échapper, au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, sa phrase désormais célèbre, « Vive le Québec libre! »

Toutefois, Donnacona n’a pas eu la vie facile au cours des dernières années. La récession de 2008 a frappé durement cette ville. La Donnacona Paper Ltd, qui était devenue la papetière AbitibiBowater, a cessé temporairement sa production à Donnacona. Le choc a été brutal et, malgré des efforts politiques déployés à tous les niveaux, la fermeture définitive a été annoncée en 2011. L’industrie du papier était sur son déclin, mais Donnacona devait survivre.

Donnacona est restée active et dynamique en devenant un pôle commercial et économique diversifié, et une communauté des plus accueillantes. Quand vous serez de passage dans la région de Québec, je vous invite à vous arrêter à Donnacona, ne serait-ce que pour admirer la magnifique vue qu’elle offre sur le fleuve Saint-Laurent.

Je vous remercie.

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