LE SÉNATEUR DAGENAIS A RENDU HOMMAGE À JEAN LAPIERRE

 

Le jeudi 14 avril 2016
L’honorable George J. Furey, Président

Le décès de l’honorable Jean Lapierre, C.P.

L’honorable Jean-Guy Dagenais : Honorables sénatrices et sénateurs, la mort tragique et accidentelle de Jean Lapierre a bouleversé le Québec et le Canada entier, le 29 mars dernier.

Je prends donc la parole aujourd’hui, en espérant parler au nom de tous les Canadiens, pour lui rendre l’hommage qu’il mérite et dire à sa mère, à ses enfants et à ses petits-enfants que nos pensées les accompagnent dans un moment aussi difficile. Personne ne mérite une telle souffrance.

Pour moi, l’ampleur de la tragédie aérienne dans laquelle il est mort avec sa conjointe, sa sœur et deux de ses frères est tout simplement démesurée.

Jean Lapierre était, pour plusieurs d’entre nous, une présence quotidienne qui animait le paysage politique dans lequel nous évoluons. À la radio comme à la télévision, il avait su s’établir comme un incontournable de l’information politique. Sa façon de raconter faisait en sorte que même les plus indifférents finissaient par s’intéresser au sujet.

Certes, nous n’étions pas toujours d’accord avec ses propos, mais, chaque matin, nous apprenions quelque chose en l’écoutant. Il m’a même fait renverser ma tasse de café, en 2011, en annonçant que j’allais être candidat conservateur dans la circonscription de Saint-Hyacinthe-Bagot, alors que je croyais que c’était le secret le mieux gardé et que personne, dans mon entourage professionnel, ne le savait. Lorsqu’une telle chose se produit, je puis vous assurer que cela bouscule votre journée.

Cependant, avant d’être ce qu’il était devenu dans les médias, Jean Lapierre avait fait ses classes en politique. D’abord, à 24 ans, il est devenu le plus jeune député de la Chambre des communes en se faisant élire dans le comté de Shefford. Puis, à 28 ans, il est devenu le plus jeune ministre nommé au sein d’un gouvernement fédéral.

Ensuite, il a eu, politiquement — je le dis à la blague —, un petit écart de conduite en fondant, avec Lucien Bouchard, le Bloc Québécois. Je ne pouvais croire qu’il soit devenu militant pour la séparation du Québec. C’était probablement un accommodement raisonnable.

Heureusement, en 1992, c’est la radio de CKAC, à Montréal, qui lui a fait une proposition, l’extirpant de sa carrière politique et surtout du Bloc Québécois, pour en faire un analyste. Son langage choc, coloré et imagé l’a vite propulsé au rang des vedettes de l’antenne à la radio et à la télévision, en anglais comme en français, au Québec comme partout au Canada.

Sur les ondes, M. Lapierre avait le talent exceptionnel de révéler aux Canadiens certains aspects de la vie politique que personne avant lui ne pouvait raconter, en s’appuyant sur toutes sortes de rumeurs. Il vivait à Montréal, mais il était mieux informé sur les décisions politiques et la vie politique à Ottawa que n’importe quel journaliste œuvrant sur la Colline. Il avait manifestement de très bonnes sources.

Je tiens à relever ici une très grande qualité de Jean Lapierre. C’était sa capacité de garder ses amis politiques, toutes allégeances confondues, même après les avoir mis dans l’embarras en révélant certaines choses.

Au-delà du monde politique averti, on a aussi constaté à quel point Jean Lapierre représentait un phare éclairant pour les citoyens qui essayaient de mieux comprendre l’impact des décisions du monde politique, qu’il s’agisse de la politique fédérale, provinciale ou municipale. Ce phare s’est éteint sur son île, aux Îles-de-la-Madeleine dont il vantait souvent la beauté… et son homard.

Espérons qu’il y a autre chose après la mort et que, là où il est, il continuera de raconter et de divertir. Moi, j’ai perdu mon repère de 7 heures à la radio, et j’ai bien peur que personne ne vienne combler ce vide.

Merci à tous.

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